Il commençait à faire jour, le ciel s'était éclairci.
Il ne restait plus qu'un nuage suspendu à l'Orient.Les feux de camp achevaient de se consumer dans la pâle lumière du matin.
   Sur la droite retentit un coup de canon, dense et solitaire ; il résonna et mourut dans le silence général. Quelques instants s'écoulèrent. Un deuxième, un troisième coup éclatèrent. L'air s'agita ; un quatrième coup, un cinquième grondèrent solennellement, tout proches, quelque part à droite. Les premières détonations n'avaient pas fini de résonner que d'autres éclatèrent encore et encore, se chevauchant et se confondant.
   Parvenu à Chevardino avec sa suite, Napoléon mit pied à terre. La partie était engagée.